[Chronique #5] Daltehyon, Légendes de Dakréos – Rayan Louhibi

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Bonne année à tous ! Qu’elle soit remplie de belles lectures et de bonheur ! En cette reprise, je reviens pour vous parler d’un texte qu’un jeune auteur m’a fait lire durant ce mois de janvier. Il s’agit de Daltehyon, Légendes de Dakréos de Rayan Louhibi, un livre qui sortira en auto-édition en février. Malheureusement, cette lecture m’a quelque peu déçue. Je vous explique tout dans cette chronique.

Daltehyon, de quoi ça parle ?

Elinaë, jeune fille simple, se fait enlever alors qu’elle est en voyage en ville avec son père. Emprisonnée et en route vers un destin inconnu, elle rencontre Zoëlia, pirate de son état et camarade d’infortune. Alors qu’elle tente de sortir, cette dernière laisse tomber un livre mystérieux. Curieuse, Elinaë s’en approche et se trouve alors marquée de glyphes douloureuses. Devenue l’Élue, elle doit faire face à de nouvelles vérités, de nouvelles aventures auxquelles elle n’était pas préparée.

Mon avis:

Cette lecture fut…laborieuse. L’histoire a énormément de potentiel, mais là telle quelle, elle est sans profondeur. C’est du vu, du revu et du réchauffé. Attention, je suis d’accord, on a le droit de s’inspirer de ce qui a déjà été fait, de reprendre des schémas narratifs qui existent déjà car au fond, toutes les histoires sont identiques : un gentil qui combat un méchant avec plus ou moins de succès. Seulement, malgré ces schémas qui se répètent, il est important d’y apporter une valeur ajoutée, un petit plus qui fera que cette histoire sera mieux qu’une autre. Posez-vous alors les questions suivantes : qu’est-ce que mon histoire a de plus que celle de mon voisin ? Qu’est ce qui fait sa force ? Et ne répondez pas “mon style d’écriture”. De belles phrases avec de beaux mots ne feront pas la profondeur de l’histoire.

Dans Daltehyon, cette valeur ajoutée, je ne l’ai pas trouvée. C’est ce qui me fait dire que l’histoire est plate, elle n’est clairement pas aboutie et c’est dommage car elle est pleine de potentiel. Notamment la mythologie et l’histoire de la construction du monde que j’ai trouvées très intéressantes. Clairement, c’est la partie de ma lecture que j’ai le plus appréciée.

On pourrait alors espérer que les personnages apportent cette valeur ajoutée à l’histoire, qu’ils soient mieux travaillés…et bien pas du tout. L’héroïne est niaise, elle est vraiment insupportable, elle pose beaucoup trop de questions. Elle est trop classique. Zoëlia est l’image même de l’enfant orphelin qui se forge une identité plus badass qu’elle ne l’est réellement. Les Enfants de la Paix sont tous des clichés du héros. Falden le sage. Naralko, le fougueux…

En fait, c’est le problème d’un peu tous les personnages. Ils sont classiques, basiques et simplistes, de véritables clichés sur pattes. Ils sont trop parfaits, trop lisses. Leurs caractères, bien trempés, ou pas ne changent rien ; au fond, ils restent ou gentils ou méchants… Selon moi, un personnage doit exister sans la trame narrative, il doit construire sa propre histoire et évoluer selon les évènements qui arrivent. Là, l’auteur a essayé de les faire évoluer, mais cela ne fonctionne pas. Ils restent lisses. De plus, il existe ici une vision très manichéenne : les personnages sont blancs ou noirs, mais pas gris. Je m’explique : un personnage n’est ni gentil ni méchant, il est les deux. Tout au long de son évolution il doit donc réussir à se construire à être ou blanc ou noir, là, non. Ils restent blancs, parfaits. En fait, j’ai eu le sentiment de rencontrer des poupées qu’on a façonnées pour correspondre à un idéal, et malheureusement pour moi ça ne passe pas. Comme pour l’histoire, je trouve que les personnages ne sont pas aboutis, ils ne sont pas assez bien construits. Cela mériterait un peu plus de travail.

Enfin, concernant le style d’écriture. C’est bien écrit. Ce serait être vraiment de mauvaise foi que de ne pas le mentionner. Cependant, j’ai quelques petites remarques. Bien que bien écrit, le style reste pompeux et parfois un peu lourd. Les phrases sont longues, on note la présence de beaucoup de “que”, etc. Il y a de l’idée, mais je pense que plusieurs relectures auraient pu permettre de palier à ces soucis. De plus, et ça, c’est malheureusement pour l’auteur une déformation professionnelle, il y a beaucoup d’incohérences typographiques, des lettres manquantes, des espaces qui ne sont pas bonnes, des accents qui manquent… Bref, le texte et sa présentation ne sont pas propres. Cela ne gêne pas la lecture, mais cela peut gêner l’œil d’un lecteur attentif.

En résumé, je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture et ce malgré une histoire bien écrite. L’histoire et les personnages mériteraient un travail de réflexion et d’écriture supplémentaire. Finir une histoire, c’est bien, c’est gratifiant et on en est fier. Mais attention à ne pas confondre précipitation et rapidité. N’hésitez pas à la retravailler encore et encore pour réussir à la rendre parfaite. Car j’ai eu l’impression d’avoir à faire au premier jet d’un roman au potentiel non négligeable, et non pas à une histoire aboutie.

Alasteia

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